Questions à maîtriser pour l’exposé
« Vascularites »
Réponds à voix haute sans regarder, puis vérifie. Les ⭐ tombent presque à coup sûr.
A. Le socle commun
A1. ⭐ Quels sont les quatre symptômes communs à toutes les vascularites ?
Fièvre · malaise et fatigue · perte de poids · arthralgies et myalgies. Un tableau général et non spécifique.
A2. ⭐ Sur quel rythme les symptômes s’installent-ils ?
Sur semaines à mois — jamais brutalement. La cause est inconnue.
A3. ⭐⭐ Qu’est-ce qui permet de trancher entre les vascularites ?
L’organe touché et l’anticorps.
B. Polyartérite noueuse (PAN)
B1. ⭐ Quels vaisseaux touche-t-elle ?
Les artères de petit et moyen calibre.
B2. ⭐⭐ Quel organe est épargné — et pourquoi est-ce important ?
Le poumon. C’est le point le plus discriminant : une vascularite avec atteinte pulmonaire n’est pas une PAN.
B3. ⭐⭐ Quelle infection chronique lui est associée ?
L’hépatite B et C.
B4. ⭐ Décrivez l’atteinte digestive.
Douleur abdominale aggravée par l’alimentation — vascularite des vaisseaux mésentériques — avec saignements, nausées et vomissements.
B5. ⭐⭐ Quelle atteinte neurologique est la plus fréquente ?
La neuropathie péronière → pied tombant. Tout gros nerf périphérique peut être touché. ⚠️ Rechercher un AVC chez un sujet jeune.
B6. ⭐ Qu’est-ce que la mononévrite multiplex ?
Plusieurs neuropathies périphériques simultanées sur des nerfs nommés — par exemple radial et péronier, ou ulnaire et cutané fémoral latéral.
B7. ⭐⭐ Que montre l’angiographie ?
Des dilatations en « perles » (beading) des artères rénale, mésentérique ou hépatique.
B8. ⭐ Quel est l’examen le plus précis ?
La biopsie du site symptomatique.
B9. ⭐ Quel est le traitement ?
Prednisone + cyclophosphamide, et traiter l’hépatite si elle est présente.
B10. Que valent les P-ANCA dans la PAN ?
Positifs dans moins de 20 % des cas seulement.
C. PMR et artérite à cellules géantes
C1. ⭐ Quel est l’âge minimum de la PMR ?
Plus de 50 ans.
C2. ⭐⭐ Décrivez les symptômes de la PMR.
Douleur et raideur des muscles des ceintures scapulaire et pelvienne : difficulté à se coiffer ou à se lever d’une chaise.
C3. ⭐⭐ Comment distinguer une PMR d’une polymyosite ?
Par la CPK : normale dans la PMR (pas de destruction musculaire), élevée dans la polymyosite. L’aldolase est également normale dans la PMR.
C4. ⭐ Que montrent les autres examens dans la PMR ?
VS élevée et anémie normochrome normocytaire.
C5. ⭐ Quel est le traitement de la PMR ?
Les corticoïdes, efficaces même à faible dose.
C6. ⭐⭐ Qu’est-ce qui différencie l’artérite à cellules géantes de la PMR ?
Symptômes visuels · claudication de la mâchoire · sensibilité du cuir chevelu · céphalée · symptômes artériels périphériques (pulsations diminuées, souffles claviculaires, régurgitation aortique).
C7. ⭐ Qu’est-ce que la claudication de la mâchoire ?
Une douleur en mastiquant, par ischémie des muscles masticateurs.
C8. ⭐ Quel est l’examen le plus précis de l’ACG ?
La biopsie de l’artère temporale.
C9. ⭐⭐ Faut-il attendre la biopsie pour traiter ?
Non — surtout pas. Débuter la prednisone à dose élevée rapidement est prioritaire sur la biopsie, parce que la cécité n’est pas réversible.
C10. Quel médicament permet de se sevrer des corticoïdes ?
Le tocilizumab (anti-IL6).
D. GPA (Wegener) et Churg-Strauss
D1. ⭐⭐ Quelle est la triade de la GPA ?
Voies respiratoires supérieures + voies respiratoires inférieures + insuffisance rénale. Concrètement : sinusite, otite moyenne, mastoïdite, atteinte orale et gingivale — plus poumon et rein.
D2. ⭐⭐ Quel indice doit faire penser à une GPA à l’examen ?
Une pneumonie qui ne se résout pas et ne s’améliore pas sous antibiotiques. On n’y pense pas spontanément.
D3. ⭐⭐ Quel est le meilleur test initial, et le test le plus précis ?
Initial : les ANCA. Le plus précis : la biopsie — poumon (le meilleur) > rein (assez précis) > sinus (le moins précis).
D4. ⭐⭐ Distinguez C-ANCA et P-ANCA.
C-ANCA = anti-protéinase 3 (PR3) = GPA / Wegener. P-ANCA = anti-myéloperoxydase (MPO) = Churg-Strauss et polyangéite microscopique.
D5. ⭐ Quel est le traitement de la GPA ?
Prednisone + cyclophosphamide. Le rituximab est une alternative au cyclophosphamide pour la GPA et la polyangéite microscopique.
D6. ⭐⭐ Comment reconnaître un Churg-Strauss ?
ASTHME + ÉOSINOPHILIE. C’est un syndrome pulmonaire–rénal. Avec fièvre, perte de poids, arthralgies et manifestations cutanées non spécifiques.
D7. Quel médicament peut y être associé ?
Le zafirlukast.
D8. ⭐ Quels traitements permettent d’éviter une corticothérapie prolongée dans le Churg-Strauss ?
Les inhibiteurs d’interleukine : benralizumab ou mépolizumab, qui bloquent les éosinophiles — dans l’asthme comme dans la GPA éosinophilique.
E. Henoch-Schönlein et cryoglobulinémie
E1. ⭐ Chez qui survient le purpura de Henoch-Schönlein ?
Chez l’enfant — c’est la vascularite fréquente de l’enfant.
E2. ⭐⭐ Citez les quatre atteintes.
Digestive (douleur, saignement) · cutanée (purpura) · articulaire (arthralgies) · rénale (hématurie).
E3. ⭐ Quel est l’examen le plus précis, et que montre-t-il ?
La biopsie : une vascularite leucocytoclastique confirme le diagnostic. Le diagnostic reste le plus souvent clinique.
E4. ⭐⭐ Le dosage des IgA sériques est-il utile ?
Non — il n’est pas fiable pour tester le HSP.
E5. ⭐ Quelle est l’évolution habituelle ?
La plupart des cas se résolvent spontanément.
E6. ⭐ Quand donner des corticoïdes, et que font-ils ?
Si douleur abdominale sévère ou insuffisance rénale progressive. Ils ne réversent pas l’insuffisance rénale mais peuvent ralentir sa progression. Les IEC sont utilisés pour la protéinurie.
E7. ⭐⭐ À quelle infection la cryoglobulinémie est-elle le plus souvent associée ?
L’hépatite C chronique. Aussi : endocardite, syndrome de Sjögren.
E8. ⭐ Quelles manifestations ?
Douleurs articulaires, glomérulonéphrite, lésions cutanées purpuriques, neuropathie. Les lésions ne blanchissent pas à la pression.
E9. ⭐⭐ Distinguez cryoglobulines et agglutinines froides.
Les deux sont des IgM. Cryoglobulines : précipitent à basse température → atteintes cutanées, articulaires, rénales, neurologiques. Associées à l’hépatite C. Agglutinines froides : agglutinent les globules rouges → anémie hémolytique. Associées à EBV, Mycoplasma, lymphome.
E10. ⭐⭐ Les corticoïdes sont-ils efficaces dans la cryoglobulinémie liée à l’hépatite C ?
Non. Il faut traiter la cause sous-jacente — l’hépatite C. Sinon : protection du froid, rituximab, cyclophosphamide, ciclosporine.
E11. Quel est le moyen mnémotechnique du complément ?
SLE = 3 lettres → C3 diminué. Hep C = 4 lettres → C4 diminué.
F. Syndrome de Behçet
F1. ⭐ Quelle population est la plus touchée ?
Les patients asiatiques ou du Moyen-Orient. La maladie est rare.
F2. ⭐⭐ Quel est le symptôme cardinal ?
Des ulcères douloureux BUCCAUX ET GÉNITAUX, souvent avec des lésions cutanées de type érythème noueux.
F3. ⭐ Citez les autres atteintes.
Uvéite pouvant conduire à la cécité · arthrite · lésions du SNC mimant une sclérose en plaques · anévrysmes des artères pulmonaires et coronaires.
F4. ⭐⭐ Qu’est-ce que la pathergie ?
La peau produit une pustule stérile en réponse à un traumatisme mineur, comme un simple passage d’aiguille. C’est le signe clinique le plus proche d’un critère spécifique — et c’est exactement ce que l’examen demande.
F5. ⭐ Existe-t-il un test sanguin spécifique ?
Non.
F6. ⭐ Quel est le traitement ?
Les corticoïdes. Pour s’en sevrer : colchicine, azathioprine, cyclophosphamide, thalidomide. Apremilast pour soulager les ulcères buccaux.
G. Questions « pièges » du jury
G1. ⭐⭐ Vascularite avec atteinte pulmonaire : est-ce une PAN ?
Non. Le poumon est épargné dans la PAN.
G2. ⭐⭐ Patient de 70 ans, céphalée temporale, douleur en mastiquant, VS à 90. Que faites-vous ?
Prednisone à forte dose immédiatement, puis biopsie de l’artère temporale. On ne perd pas de temps : la cécité est irréversible.
G3. ⭐⭐ Patient de 60 ans, ceintures douloureuses, VS élevée, CPK normale. Diagnostic ?
Polymyalgie rhumatismale — la CPK normale écarte la myosite. Traitement : corticoïdes à faible dose.
G4. ⭐⭐ Pneumonie qui ne guérit pas malgré plusieurs antibiotiques, avec sinusite et créatinine qui monte. Quel test ?
Les ANCA — c’est une GPA (Wegener). Puis biopsie pulmonaire.
G5. ⭐ Asthmatique avec éosinophilie et neuropathie. Quel ANCA ?
P-ANCA (MPO) — Churg-Strauss.
G6. Enfant avec purpura des membres inférieurs, douleur abdominale et hématurie. Diagnostic et évolution ?
Purpura de Henoch-Schönlein. La plupart des cas se résolvent spontanément.
G7. ⭐ Purpura qui ne blanchit pas à la pression chez un patient porteur de l’hépatite C. Diagnostic ? Traitement ?
Cryoglobulinémie. Traiter l’hépatite C — les corticoïdes sont inefficaces.
H. Plan proposé pour l’exposé oral (12 min)
| Temps | Partie | Contenu | Durée |
|---|---|---|---|
| 1 | Introduction | Les 4 symptômes communs · trancher par l’organe et l’anticorps. | 1,5 min |
| 2 | PAN | Petit et moyen calibre, poumon épargné, hépatite B/C, angiographie en perles, pied tombant. | 2 min |
| 3 | PMR et Horton | Le même spectre, la CPK normale, la claudication de la mâchoire, prednisone avant la biopsie. | 3 min |
| 4 | Les ANCA | GPA : sinus + poumon + rein, C-ANCA. Churg-Strauss : asthme + éosinophilie, P-ANCA. | 3 min |
| 5 | Les autres | Henoch-Schönlein de l’enfant, cryoglobulinémie et hépatite C, Behçet et la pathergie. | 2 min |
| 6 | Conclusion | Le tableau des huit vascularites. | 0,5 min |
Phrase d’accroche possible :
« Fièvre, fatigue, perte de poids, douleurs diffuses : huit maladies commencent exactement pareil. Tout se joue sur l’organe qui parle en premier. »
Phrase de conclusion possible :
« Un mot pour chacune : perles pour la PAN, mâchoire pour Horton, sinus pour Wegener, asthme pour Churg-Strauss, enfant pour Henoch-Schönlein, hépatite C pour la cryoglobulinémie, pathergie pour Behçet. Et une règle qui prime sur toutes les autres : devant un Horton, on traite avant de biopsier. »