Questions à maîtriser pour l’exposé
« Infections ostéo-articulaires »
Réponds à voix haute sans regarder, puis vérifie. Les ⭐ tombent presque à coup sûr.
A. Arthrite septique
A1. ⭐⭐ Pourquoi une articulation s’infecte-t-elle si facilement ?
Parce que la membrane synoviale n’a pas de membrane basale : bactéries et antibiotiques la traversent sans obstacle.
A2. ⭐⭐ De quoi dépend le risque d’infection ?
Il est proportionnel au degré de destruction articulaire : articulation intacte → rare · arthrose → léger · polyarthrite rhumatoïde → intermédiaire · prothèse → maximal.
A3. ⭐ Citez deux causes secondaires.
L’endocardite et l’usage de drogues injectables — la bactériémie se propage aux articulations.
A4. ⭐⭐ Donnez l’étiologie chiffrée.
Staphylococcus 40 % · Streptococcus 30 % · bacilles Gram négatifs 20 %.
A5. ⭐ Décrivez la présentation clinique.
Articulation chaude, rouge et immobile, souvent avec épanchement palpable. Frissons et fièvre fréquents, par bactériémie.
A6. ⭐⭐ Quel est le test initial ? Et le test le plus précis ?
L’arthrocentèse — les deux à la fois. ⚠️ Radiographie, scanner et IRM ne sont pas utiles.
A7. ⭐⭐ Que montre le liquide synovial ?
50 000 à 100 000 leucocytes, à majorité neutrophiles.
A8. ⭐ Quelles sont les sensibilités des examens microbiologiques ?
Gram positif dans 50 % (75 % si Staphylococcus) · culture du liquide 70–90 % · hémocultures 50 %.
A9. ⭐⭐ Quel est le traitement empirique initial ?
Ceftriaxone + vancomycine, puis ajustement selon la culture.
A10. ⭐⭐ Le staphylocoque est sensible à la méticilline. Que faites-vous ?
On passe à un bêta-lactame — oxacilline ou céfazoline — parce qu’il donne une meilleure issue que la vancomycine.
A11. Quelles alternatives selon le germe ?
Bacilles Gram négatifs : quinolones, aztréonam, céfotaxime, pipéracilline, aminosides. Cocci Gram positifs sensibles : oxacilline, nafcilline, céfazoline, pipéracilline-tazobactam. Cocci Gram positifs résistants : linézolide, daptomycine, ceftaroline, vancomycine.
B. Articulations prothétiques infectées
B1. ⭐ Quel est le germe le plus fréquent dans les prothèses récentes ?
Staphylococcus epidermidis.
B2. ⭐⭐ Quelle imagerie, et laquelle est contre-indiquée ?
Radiographie ou scanner, pour déterminer si l’infection est limitée à l’articulation ou a atteint l’os autour de l’implant. ⚠️ IRM déconseillée : les prothèses contiennent du métal.
B3. ⭐ Quels signes radiologiques orientent vers une infection de l’implant ?
Une zone claire autour de l’implant, ou une articulation physiquement lâche.
B4. ⭐⭐ Quelle est la séquence thérapeutique ?
1. Retirer la prothèse → 2. antibiotiques 6 à 8 semaines → 3. remplacer la prothèse. Il est difficile de stériliser une prothèse sans la retirer.
C. Arthrite gonococcique
C1. ⭐ Quel est le terrain ?
Antécédent d’IST ou personne jeune sexuellement active. ⭐ Plus fréquente pendant les règles.
C2. ⭐⭐ Citez les quatre différences avec l’arthrite septique classique.
Leucocytes plus bas : 30 000–50 000 (contre 50 000–100 000) · atteinte polyarticulaire fréquente (rare dans la septique) · ténosynovite présente, mouvements douloureux · éruption pétéchiale parfois présente.
C3. ⭐⭐ Pourquoi le diagnostic est-il plus difficile ?
Parce que les sensibilités s’effondrent : Gram 25 % (contre 50–75 %) · culture < 50 % (contre 90 %) · hémoculture < 10 % (contre 50 %).
C4. ⭐⭐ Quelle est la conséquence pratique ?
Devant une gonorrhée disséminée, cultiver plusieurs sites : pharynx, rectum, urètre, col de l’utérus. Cultiver partout en présence d’une éruption cutanée, d’une ténosynovite ou d’une atteinte polyarticulaire.
C5. ⭐ Quel est le traitement empirique de choix ?
Ceftriaxone, céfotaxime ou ceftizoxime.
C6. ⭐⭐ Pourquoi éviter les fluoroquinolones ?
Parce que plus de 5 % des souches sont résistantes. On ne les utilise que si l’organisme est prouvé sensible.
C7. ⭐⭐ Une infection gonococcique récurrente doit faire chercher quoi ?
Un déficit terminal du complément.
D. Ostéomyélite
D1. ⭐ Quel est le germe le plus fréquent ?
Staphylococcus aureus — mais tout organisme peut infecter l’os.
D2. ⭐⭐ Quel est le mode de propagation chez l’enfant ? Chez l’adulte ?
Enfant : hématogène. Adulte : contiguë, souvent par insuffisance vasculaire ou diabète.
D3. ⭐⭐ Quel germe chez le drépanocytaire ?
Salmonella.
D4. ⭐ Décrivez la présentation clinique.
Diabétique avec ulcère périphérique (neuropathie ou maladie vasculaire), zone chaude, rouge, enflée, trajet fistuleux purulent possible. ⚠️ Souvent afébrile — l’absence de fièvre ne rassure pas.
D5. ⭐⭐ Donnez l’ordre des examens.
1. Radiographie (test initial de choix) → 2. IRM si la radiographie est normale → 3. biopsie (test le plus précis). Le scanner est peu utile. La scintigraphie osseuse seulement si l’IRM est impossible (pacemaker).
D6. ⭐⭐ Quand faut-il prélever la biopsie ?
AVANT les antibiotiques. Une fois traité, on ne retrouve plus le germe.
E. Questions « pièges » du jury
E1. ⭐⭐ Un patient a une articulation chaude, rouge et fébrile. Vous demandez une radiographie ?
Non. Radiographie, scanner et IRM ne sont pas utiles dans l’arthrite septique. C’est l’arthrocentèse, qui est à la fois le test initial et le plus précis.
E2. ⭐⭐ La ponction revient à 60 000 leucocytes, sans cristaux. Diagnostic ?
Arthrite septique — 50 000 à 100 000 leucocytes à prédominance neutrophile. La goutte et la chondrocalcinose donnent 2 000 à 50 000, avec des cristaux.
E3. ⭐⭐ Jeune femme, arthrite de plusieurs articulations, ténosynovite, quelques pétéchies, pendant ses règles. Diagnostic ?
Arthrite gonococcique. Cultiver pharynx, rectum, urètre et col, et traiter par ceftriaxone.
E4. ⭐ La culture du liquide est négative chez cette patiente. Cela élimine-t-il le gonocoque ?
Non — la culture est positive dans moins de 50 % des arthrites gonococciques.
E5. ⭐⭐ Diabétique avec un ulcère du pied, zone chaude et enflée, apyrétique. Radiographie normale. Que faites-vous ?
Une IRM — c’est l’examen suivant approprié quand la radiographie est normale. Puis biopsie avant antibiotiques.
E6. ⭐ Un patient porteur d’une prothèse de genou infectée : peut-on le traiter par antibiotiques seuls ?
Non. Il faut retirer la prothèse, donner 6 à 8 semaines d’antibiotiques, puis la remplacer.
E7. Pourquoi ne pas faire d’IRM sur une prothèse ?
Parce qu’elle contient du métal.
E8. ⭐ Quelle articulation est la plus à risque d’infection ?
Celle qui porte une prothèse — le risque est proportionnel à la destruction articulaire.
F. Plan proposé pour l’exposé oral (10 min)
| Temps | Partie | Contenu | Durée |
|---|---|---|---|
| 1 | Introduction | Une articulation chaude est une infection jusqu’à preuve du contraire · la preuve, c’est l’aiguille. | 1 min |
| 2 | Arthrite septique | Membrane sans basale, risque proportionnel à la destruction, étiologie chiffrée, arthrocentèse, ceftriaxone + vancomycine puis bêta-lactame. | 3,5 min |
| 3 | Prothèse infectée | S. epidermidis, pas d’IRM, retirer → 6–8 semaines → remplacer. | 1,5 min |
| 4 | Gonocoque | Le tableau comparatif, l’effondrement des sensibilités, cultiver partout, ceftriaxone, déficit du complément. | 2,5 min |
| 5 | Ostéomyélite | Terrain, Salmonella du drépanocytaire, radiographie → IRM → biopsie avant antibiotiques. | 1,5 min |
Phrase d’accroche possible :
« Devant une articulation chaude et rouge, il n’y a qu’une erreur vraiment grave : demander une radiographie au lieu de prendre une aiguille. »
Phrase de conclusion possible :
« Ponctionner avant tout, traiter large puis rétrécir, et se souvenir que ni l’os ni une prothèse ne se stérilisent en quelques jours : biopsie avant les antibiotiques, prothèse retirée avant d’être remplacée. »