Questions à maîtriser pour l’exposé
« Connectivites »
Réponds à voix haute sans regarder, puis vérifie. Les ⭐ tombent presque à coup sûr.
A. Le principe du chapitre
A1. ⭐⭐ Quelle est la logique commune à toutes les connectivites ?
Des auto-anticorps attaquent le tissu conjonctif, présent partout — d’où des atteintes multi-organes. Chaque maladie a un anticorps spécifique et un organe cible caractéristique.
A2. ⭐⭐ Quel est le test de débrouillage, et quelle est sa limite ?
Les ANA : très sensibles, très peu spécifiques. Un ANA négatif exclut. Un ANA positif n’affirme rien.
A3. ⭐⭐ Que faire devant un ANA positif chez un patient asymptomatique ?
Rien. On ne traite pas un ANA positif chez un patient asymptomatique.
B. Lupus érythémateux systémique
B1. ⭐ Sur quoi repose le diagnostic ?
Sur la présence d’au moins 4 des 11 manifestations connues de la maladie.
B2. ⭐⭐ Quelle est la manifestation la plus fréquente, et quelle est sa particularité ?
L’arthrite (90 %), souvent le premier symptôme. Elle est non déformante et non érosive → les radiographies sont normales.
B3. ⭐ Citez les quatre critères cutanéo-muqueux.
Éruption malaire, éruption discoïde, photosensibilité, ulcérations buccales.
B4. ⭐ Quelle atteinte rénale est la plus fréquente ?
La glomérulonéphrite membraneuse. Cylindres hématiques et hématurie possibles.
B5. ⭐⭐ Quels anticorps sont retrouvés uniquement dans le lupus ?
Les anti-dsDNA (60 %) et les anti-Sm (30 %) — extrêmement spécifiques.
B6. ⭐⭐ Comment suit-on l’activité de la maladie ?
Par le complément, qui diminue (et chute encore lors des poussées) et les anti-dsDNA, qui augmentent. ⚠️ Ni les ANA ni les anti-Sm ne varient avec l’activité.
B7. ⭐⭐ Cas clinique : femme lupique admise pour pneumonie et confusion. Poussée ou sepsis ? Quel examen ?
Diminution du complément + augmentation des anti-dsDNA. Les anti-Sm ne varient pas en poussée. Le taux d’ANA ne dit rien sur la sévérité. L’IRM cérébrale est le plus souvent normale dans le lupus cérébral, sauf AVC.
B8. ⭐⭐ Qu’est-ce qui caractérise le lupus induit par les médicaments ?
Il épargne les reins et le cerveau. Anticorps antihistones présents, anti-dsDNA absents.
B9. ⭐⭐ Une femme enceinte est anti-Ro (anti-SSA) positive. Que répondez-vous ?
Vérifier l’ECG du nourrisson — risque de bloc cardiaque par lupus néonatal.
B10. Quel anticorps évoque une atteinte cérébrale ?
L’anti-ribosomal P.
B11. ⭐ Donnez le traitement selon la situation.
Poussée aiguë → bolus de corticoïdes à forte dose. Maladie légère (peau, articulations) → hydroxychloroquine. Néphrite lupique → corticoïdes ± cyclophosphamide ou mycophénolate. Contrôle de la progression → bélimumab (inhibe les cellules B).
B12. ⭐ Comment évalue-t-on la sévérité d’une néphrite lupique ?
Par la biopsie rénale uniquement — l’analyse d’urine seule est insuffisante. Elle montre si des lésions ne répondront pas au traitement (glomérulosclérose, cicatrices).
B13. ⭐ Causes de décès dans le lupus ?
Sujet jeune → infection. Sujet plus âgé → infarctus du myocarde, par athérosclérose accélérée.
B14. Le moyen mnémotechnique du complément ?
SLE = 3 lettres → C3 diminué. Hep C = 4 lettres → C4 diminué.
C. Syndrome des antiphospholipides
C1. ⭐ Le SAPL est-il une complication du lupus ?
Non dans la majorité des cas — c’est le plus souvent un trouble idiopathique indépendant.
C2. ⭐ Citez les trois anticorps.
Anticoagulant lupique, anticorps anticardiolipine, bêta-2-glycoprotéine I.
C3. ⭐⭐ Donnez l’équation du SAPL.
Thromboses + aPTT (TCA) élevé + PT/INR normaux. C’est l’inverse des autres thrombophilies : un test de coagulation allongé chez quelqu’un qui thrombose.
C4. ⭐ Quelles sont les deux manifestations cliniques ?
Thromboses artérielles et veineuses et fausses couches spontanées à répétition.
C5. ⭐ Pourquoi la sérologie syphilitique est-elle faussement positive ?
Parce que le VDRL/RPR utilise un réactif qui est une cardiolipine, avec lequel l’anticorps réagit. Le FTA reste normal.
C6. ⭐⭐ Quel est le meilleur test initial, et comment l’interpréter ?
Le test de mélange : plasma du patient + plasma normal à parts égales. Déficit en facteur → l’aPTT se normalise. Anticorps antiphospholipide → l’aPTT reste élevé.
C7. ⭐ Quel est le test le plus spécifique de l’anticoagulant lupique ?
Le test au venin de vipère de Russell (RVVT) : prolongé et non corrigé après mélange. ⚠️ L’héparine interfère.
C8. ⭐ Quel traitement pour une thrombose ?
Héparine puis warfarine, à vie. Aucun traitement chez le porteur asymptomatique.
C9. ⭐⭐ Quand rechercher des anticardiolipine devant des fausses couches ?
Deux avortements ou plus du 1er trimestre, ou un seul avortement du 2e trimestre.
C10. ⭐⭐ Quel traitement pour prévenir une récidive de fausse couche ?
Héparine + aspirine. ⚠️ Warfarine et corticoïdes sont de mauvaises réponses : la warfarine est contre-indiquée au 1er trimestre, les corticoïdes sont inefficaces.
D. Syndrome de Sjögren
D1. ⭐ Quel est le terrain ?
90 % de femmes. Anticorps dirigés contre les glandes lacrymales et salivaires.
D2. ⭐ Citez les maladies associées.
Polyarthrite rhumatoïde, LES, cirrhose biliaire primitive, polymyosite, thyroïdite de Hashimoto.
D3. ⭐⭐ Quel symptôme est présent chez 90 % des patients — et surprend ?
Les douleurs articulaires. On pense d’abord à la sécheresse, mais l’arthralgie est presque constante.
D4. ⭐ Pourquoi les caries sont-elles étendues ?
Parce que la salive nettoie mécaniquement les dents et neutralise l’acidité. Sa diminution provoque caries étendues et perte dentaire.
D5. ⭐⭐ Quelle est la complication « la plus dangereuse » ?
Le LYMPHOME — jusqu’à 10 % des patients. C’est la réponse attendue à cette formulation exacte.
D6. ⭐⭐ Meilleur test initial, meilleur test sanguin, test le plus précis ?
Initial : test de Schirmer. Sanguin : anti-SSA / anti-SSB (anti-Ro / anti-La), positifs dans 65 %. Le plus précis : biopsie de lèvre ou de parotide — infiltration lymphoïde.
D7. ⭐ Quel est le meilleur traitement initial ?
L’hydratation de la bouche : petites gorgées fréquentes, gomme sans sucre, traitements au fluor. Puis larmes artificielles, lifitégrast ou ciclosporine topique, pilocarpine et céviméline.
D8. ⭐⭐ Les corticoïdes ont-ils une place ?
Non — c’est toujours une mauvaise réponse dans le Sjögren.
D9. Quelle atteinte rénale peut-on voir ?
L’acidose tubulaire rénale (20 %).
E. Sclérodermie et CREST
E1. ⭐ Quelle proportion est limitée, quelle proportion est diffuse ?
80 % limitée, 20 % diffuse.
E2. ⭐⭐ Que signifie CREST ?
Calcinoses · Raynaud · Esophageal dysmotility · Sclérodactylie · Télangiectasies.
E3. ⭐ Décrivez le phénomène de Raynaud.
Hyperréactivité vasculaire des doigts déclenchée par le froid ou le stress : pâleur (blanc) → cyanose (bleu) → hyperémie réactionnelle (rouge). Parfois ulcérations et gangrène.
E4. ⭐⭐ Limitée ou diffuse : comment les distinguer ?
Limitée : distale aux coudes et genoux, anticentromère +, hypertension pulmonaire. Diffuse : proximale aux coudes et genoux, anti-SCL-70 +, fibrose pulmonaire.
E5. ⭐⭐ Quelle est la particularité pulmonaire du CREST ?
Il entraîne une hypertension pulmonaire primaire alors que les poumons eux-mêmes sont normaux.
E6. ⭐ Pourquoi la sclérodermie donne-t-elle de la diarrhée ?
Par prolifération bactérienne dans de grands diverticules à large col de l’intestin grêle et du côlon.
E7. ⭐⭐ Quel est le traitement de la crise rénale sclérodermique ?
Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion — même si la créatinine est élevée. C’est la réponse contre-intuitive attendue.
E8. ⭐ Quel est le test le plus précis, et quelle est sa limite ?
Le SCL-70 (anti-topoisomérase) : le plus précis, mais présent chez seulement 30 % des formes diffuses et 20 % des limitées — donc peu sensible.
E9. Que valent les ANA et la VS ici ?
ANA positifs chez 85–90 % mais non spécifiques. VS généralement normale.
E10. ⭐ Traitement du Raynaud ? De la fibrose pulmonaire ? De l’HTAP ?
Raynaud → inhibiteurs calciques. Fibrose pulmonaire → cyclophosphamide. HTAP → bosentan, ambrisentan, sildénafil, analogues de la prostacycline.
E11. Quel médicament ralentit la progression, et lequel ne marche pas ?
Méthotrexate ralentit la progression. La pénicillamine n’est pas efficace.
F. Myosites
F1. ⭐⭐ Quelle est la présentation d’une myopathie inflammatoire ?
Une faiblesse musculaire proximale : difficulté à se lever d’une chaise ou à monter les escaliers.
F2. ⭐⭐ Qu’est-ce qui distingue la polymyosite de la myasthénie ?
Dans la polymyosite, les muscles faciaux et oculaires ne sont PAS affectés.
F3. ⭐ Citez les quatre signes cutanés de la dermatomyosite.
Atteinte malaire · signe du châle (visage, cou, épaules, haut du thorax et dos) · éruption héliotrope (œdème et coloration violacée des paupières) · papules de Gottron (dos des mains, IPP et MCP).
F4. ⭐⭐ Quelle association ne faut-il jamais oublier dans la dermatomyosite ?
Le cancer, dans 25 % des cas — ovaire, poumon, digestif, lymphatique.
F5. ⭐⭐ Meilleur test initial et test le plus précis ?
Initial : CPK et aldolase. Le plus précis : biopsie musculaire.
F6. ⭐⭐ Que signifie un anti-Jo-1 positif ?
Une fibrose pulmonaire — il suggère une atteinte pulmonaire.
F7. ⭐ Quel est le traitement ?
Les corticoïdes, généralement suffisants. Si échec ou intolérance : méthotrexate, azathioprine, immunoglobulines IV, mycophénolate. Hydroxychloroquine pour la peau.
F8. ⭐⭐ Décrivez la myosite à corps d’inclusion.
Faiblesse lentement progressive, distale ET proximale, surtout les fléchisseurs distaux des membres supérieurs. À l’examen : quadriceps faibles et incapacité à faire un poing en même temps. Biopsie = test le plus précis. Il n’existe pas de traitement.
G. Connectivite mixte
G1. ⭐ De quoi est-elle le chevauchement ?
De LES + sclérodermie + polymyosite.
G2. ⭐⭐ Quel est le test le plus spécifique ?
L’anti-U1-RNP (anti-protéine ribonucléique U1).
G3. ⭐⭐ Le patient a un anti-U1-RNP positif mais aussi un anti-Sm positif. Que conclure ?
Le diagnostic le plus probable est le LES, pas la connectivite mixte.
G4. Quel est le traitement ?
Corticoïdes, azathioprine ou méthotrexate. Cyclophosphamide pour la maladie pulmonaire interstitielle.
H. Plan proposé pour l’exposé oral (14 min)
| Temps | Partie | Contenu | Durée |
|---|---|---|---|
| 1 | Introduction | Un anticorps + un organe cible par maladie · les ANA comme test de débrouillage. | 1,5 min |
| 2 | Lupus | Les 11 critères, les anticorps, le suivi par complément et anti-dsDNA, le lupus médicamenteux, le traitement. | 4 min |
| 3 | SAPL | L’équation thromboses + TCA allongé, le test de mélange, héparine + aspirine dans les fausses couches. | 2,5 min |
| 4 | Sjögren | Sécheresse, arthralgies 90 %, Schirmer puis biopsie, lymphome, pas de corticoïdes. | 2 min |
| 5 | Sclérodermie | CREST, limitée vs diffuse, crise rénale et IEC. | 2,5 min |
| 6 | Myosites | Faiblesse proximale, dermatomyosite et cancer, anti-Jo-1. | 1,5 min |
Phrase d’accroche possible :
« Le tissu conjonctif est partout. C’est pourquoi ces maladies peuvent commencer par une main qui blanchit au froid, une bouche sèche, ou une convulsion. »
Phrase de conclusion possible :
« Un anticorps, un organe, un piège thérapeutique : anti-dsDNA et le rein, anticardiolipine et le placenta, anti-SCL-70 et le poumon, anti-Jo-1 et le poumon encore. Et rappelez-vous des trois contre-intuitions : le TCA s’allonge alors qu’on thrombose, on donne un IEC alors que la créatinine monte, et les corticoïdes ne servent à rien dans le Sjögren. »