Questions à maîtriser pour l’exposé
« Classification de la grossesse selon le terme »
Mode d’emploi : lis la question, réponds à voix haute sans regarder, puis vérifie. Les questions ⭐ sont celles qui tombent presque à coup sûr.
A. Niveau 1 — Les définitions (on doit répondre en 5 secondes)
A1. ⭐ Qu’est-ce qu’une semaine d’aménorrhée (SA) ? Quelle différence avec une semaine de grossesse (SG) ?
SA = comptée à partir du 1er jour des dernières règles (DDR). SG = comptée à partir de la fécondation. SA = SG + 2 semaines. En clinique on parle toujours en SA.
A2. ⭐ Quelle est la durée normale d’une grossesse ?
280 jours = 40 semaines à partir de la DDR (= 266 jours / 38 semaines depuis la conception).
A3. ⭐ Énoncez la règle de Naegele.
DPA = DDR − 3 mois + 7 jours (+ 1 an). Valable seulement si : cycles réguliers de 28 jours, DDR certaine, pas de contraception hormonale récente.
A4. ⭐ Citez les quatre catégories de la classification selon le terme, avec leurs bornes.
- Avortement : < 22 SA (ou < 500 g)
- Prématuré : 22 SA → 36 SA + 6 j
- À terme : 37 SA + 0 j → 41 SA + 6 j
- Post-terme / terme dépassé : ≥ 42 SA
A5. ⭐ Quels sont les trois nombres clés de ce cours ?
22 – 37 – 42 (SA).
A6. Qu’est-ce que la limite de viabilité ?
~24 SA (et/ou 500 g) : seuil en dessous duquel la réanimation néonatale n’est généralement pas entreprise. Entre 22 et 24 SA = « zone grise », décision discutée avec les parents.
A7. Définissez un accouchement normal (eutocique).
À terme (≥ 37 SA), spontané, par voie basse, en présentation du sommet, aboutissant à un enfant en bonne santé (Apgar satisfaisant).
B. Niveau 2 — La datation
B1. ⭐ Quel est l’examen le plus fiable pour dater une grossesse, et à quel moment ?
L’échographie du 1er trimestre avec mesure de la longueur cranio-caudale (LCC), entre 11 et 14 SA : précision ± 3 à 5 jours.
B2. ⭐ Pourquoi ne peut-on pas dater une grossesse au 3e trimestre ?
Parce que la variabilité biologique de la croissance fœtale augmente avec le terme : la précision tombe à ± 2–3 semaines. Au T3 on évalue la croissance, pas l’âge.
B3. Quand recale-t-on le terme sur l’échographie plutôt que sur la DDR ?
Quand l’écart entre l’écho T1 et la DDR dépasse 5 à 7 jours, ou quand la DDR est incertaine / cycles irréguliers / contraception hormonale récente.
B4. Donnez la formule de la hauteur utérine.
HU (cm) ≈ terme (SA) − 4, entre 20 et 32 SA. Repères : symphyse ≈ 12 SA, mi-chemin ≈ 16 SA, ombilic ≈ 20 SA.
B5. À partir de quand perçoit-on les mouvements actifs fœtaux ? Les bruits du cœur ?
MAF : 16–20 SA (plus tôt chez la multipare). BCF : dès 12 SA au Doppler, vers 20 SA au stéthoscope de Pinard.
B6. Citez trois signes cliniques précoces de grossesse.
Signe de Hegar (ramollissement de l’isthme/col), signe de Chadwick (hyperhémie vaginale bleutée), augmentation de volume utérin dès 6 SA, β-hCG positifs, aménorrhée + nausées + hypersialorrhée.
C. Niveau 3 — La prématurité
C1. ⭐ Définissez la prématurité et donnez sa fréquence.
Naissance d’un enfant vivant entre 22 SA et 37 SA révolues (< 37 SA + 0 j). ~7 à 10 % des naissances. 1re cause de morbi-mortalité néonatale.
C2. ⭐ Donnez la sous-classification de la prématurité.
- Extrême : < 28 SA
- Grande : 28 – 31 SA + 6 j (« < 32 SA »)
- Modérée : 32 – 33 SA + 6 j
- Tardive : 34 – 36 SA + 6 j → la plus fréquente (~70 %)
C3. ⭐ Quels sont les deux mécanismes de la prématurité et leurs proportions ?
Spontanée ~70 % (travail prématuré, rupture prématurée des membranes) et induite/provoquée ~30 % (extraction décidée : pré-éclampsie, RCIU sévère, HRP, souffrance fœtale, diabète déséquilibré).
C4. ⭐ Citez le facteur de risque le plus prédictif d’accouchement prématuré.
L’antécédent personnel d’accouchement prématuré.
C5. ⭐ Citez les complications du prématuré, appareil par appareil.
Poumon : maladie des membranes hyalines, dysplasie bronchopulmonaire, apnées. Cerveau : hémorragie intraventriculaire, leucomalacie périventriculaire. Cœur : persistance du canal artériel. Digestif : entérocolite ulcéro-nécrosante. Foie : ictère. Œil : rétinopathie. Métabolique : hypothermie, hypoglycémie, hypocalcémie. Infections.
C6. ⭐⭐ Quelle est la mesure la plus efficace en cas de menace d’accouchement prématuré ?
La corticothérapie anténatale : bétaméthasone 12 mg IM × 2 à 24 h d’intervalle, entre 24 et 34 SA. Elle divise par 2 la MMH, l’HIV et la mortalité néonatale.
C7. ⭐ À quoi sert réellement la tocolyse ?
Uniquement à gagner 48 heures : le temps que les corticoïdes agissent et que le transfert in utero soit organisé. Elle ne prolonge pas la grossesse au-delà et n’améliore pas le pronostic à elle seule. Contre-indications : chorio-amniotite, souffrance fœtale, hémorragie sévère.
C8. Quel médicament donne-t-on pour la neuroprotection fœtale, et avant quel terme ?
Le sulfate de magnésium, avant 32 SA.
C9. Pourquoi le transfert in utero plutôt que le transfert du nouveau-né ?
Parce que le meilleur incubateur de transport, c’est l’utérus de la mère : le transfert in utero vers une maternité de niveau III réduit la morbi-mortalité néonatale.
D. Niveau 4 — Le terme et le dépassement
D1. ⭐⭐ Quelle est la subdivision ACOG de la période « à terme » ?
- Terme précoce : 37+0 → 38+6
- Terme plein : 39+0 → 40+6 ⭐ fenêtre optimale
- Terme tardif : 41+0 → 41+6
D2. ⭐⭐ Pourquoi l’ACOG a-t-elle créé cette subdivision ?
Parce que la morbidité respiratoire néonatale est encore augmentée entre 37 et 39 SA. Conséquence pratique : aucun déclenchement ni césarienne de convenance avant 39 SA.
D3. ⭐ Quelle est la différence entre grossesse prolongée et terme dépassé ?
Grossesse prolongée : ≥ 41 SA (~15–20 % des grossesses). Terme dépassé / post-terme : ≥ 42 SA = 294 jours (~1 %).
D4. ⭐⭐ Quelle est la première cause de « faux terme dépassé » ?
Une erreur de datation. Avant tout diagnostic de post-terme, on re-date la grossesse (DDR + échographie du 1er trimestre).
D5. ⭐ Décrivez le syndrome de post-maturité (Clifford).
Nouveau-né maigre, peau sèche, desquamante, fissurée, ongles longs, absence de vernix et de lanugo, imprégnation méconiale verdâtre de la peau et du cordon, faciès de vieillard, regard vif. Traduit une insuffisance placentaire.
D6. ⭐ Quels sont les risques fœtaux du terme dépassé ?
Insuffisance placentaire → hypoxie chronique ; oligoamnios → compression du cordon ; liquide méconial → inhalation méconiale ; macrosomie → dystocie des épaules ; souffrance fœtale aiguë ; mort fœtale in utero.
D7. ⭐ Décrivez la conduite à tenir devant une grossesse à 41 SA.
- Re-dater. 2. Surveillance tous les 2–3 jours : RCF/NST, index de liquide amniotique, ± score de Manning, Doppler, comptage des MAF. 3. Déclenchement entre 41 SA et 42 SA (souvent 41+5), ou immédiatement si anomalie. 4. Césarienne si contre-indication, échec de déclenchement ou souffrance fœtale.
D8. De quoi dépend le choix de la méthode de déclenchement ?
Du score de Bishop (état du col). Bishop ≥ 6–7 (col favorable) → ocytocine + amniotomie. Bishop bas (col défavorable) → maturation cervicale : prostaglandines (dinoprostone, misoprostol) ou sonde de Foley.
E. Niveau 5 — Les questions « pièges » du jury
E1. ⭐⭐ Un nouveau-né de 2 200 g est-il prématuré ?
On ne peut pas répondre avec le poids seul. La prématurité se définit par l’âge gestationnel, pas par le poids. 2 200 g peut correspondre à un prématuré eutrophe ou à un nouveau-né à terme hypotrophe (RCIU). Prématuré ≠ petit poids.
E2. ⭐ Quelles sont les deux classifications du nouveau-né selon le poids ?
Poids absolu : faible < 2500 g, très faible < 1500 g, extrêmement faible < 1000 g, macrosome ≥ 4000 g. Poids rapporté au terme (percentiles) : hypotrophe/RCIU < 10e p., eutrophe 10–90e p., macrosome/LGA > 90e p.
E3. Un enfant naît à 21 SA + 5 j et pèse 480 g. Comment le qualifiez-vous ?
Avortement tardif : < 22 SA et < 500 g. Non viable, pas de réanimation.
E4. Une patiente arrive à 36 SA + 6 j en travail. Est-ce un accouchement prématuré ?
Oui. Le terme n’est atteint qu’à 37 SA + 0 j. 36+6 = prématurité tardive.
E5. ⭐ La grossesse gémellaire modifie-t-elle les bornes ?
Les définitions restent les mêmes, mais le terme physiologique est plus court : l’accouchement survient en moyenne vers 36–37 SA, et la grossesse multiple est un facteur de risque majeur de prématurité.
E6. Pourquoi la prématurité tardive (34–36 SA) est-elle sous-estimée ?
Parce qu’elle paraît « presque à terme », alors qu’elle représente ~70 % des prématurés et garde un risque significatif de détresse respiratoire transitoire, ictère, hypoglycémie, hypothermie et difficultés alimentaires.
F. Plan proposé pour l’exposé oral (10–12 min)
| Temps | Partie | Contenu | Durée |
|---|---|---|---|
| 1 | Introduction | Pourquoi classer ? Le terme = décision clinique. Annonce du plan. | 1 min |
| 2 | Dater | SA vs SG, Naegele, LCC 11–14 SA, repères cliniques. | 2,5 min |
| 3 | Classer | La frise 22 – 37 – 42 + les 4 catégories + sous-classifications (OMS, ACOG). | 4 min |
| 4 | Agir | Prématurité (corticoïdes, tocolyse, MgSO₄, transfert) / terme / post-terme (surveillance, déclenchement). | 3 min |
| 5 | Conclusion | La phrase de synthèse + le piège prématuré ≠ petit poids. | 1 min |
Phrase d’accroche possible :
« En obstétrique, une date n’est jamais une simple date : c’est un pronostic et une ordonnance. Savoir qu’une patiente est à 33 SA plutôt qu’à 38 SA change la maternité où elle accouchera, les médicaments qu’elle recevra, et le devenir de son enfant. »
Phrase de conclusion possible :
« Retenez trois nombres — 22, 37, 42 — et trois verbes : dater, classer, agir. Tout le reste en découle. »